OFILDUTEMPS

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Lare & lararuim


Laraire de Rezé 1ère moitié du 2ème siècle



Laraire de Pompéi


Laraire "fixe" dans un péristyle


Laraire "mobile" : le groupe de Mandeure (Doub)
musée de Montbéliard

Le laraire, abritait les lares, divinités protectrices de la famille et représentait le culte privé, par opposition au culte public. Ce culte privé des dieux Lares faisait partie des cultes domestiques comprenant Vesta et Vulcain, les Pénates, les Manes et les Génies.

 

Le laraire, soit mobile (le groupe de Mandeure) soit fixe, ressemblait à un petit temple en bois ou maçonné (voir cliché) situé dans un espace réservé (atrium, péristyle, chambre à coucher). Il était  parfois entouré de peintures murales et pouvait recevoir plusieurs statues souvent accompagnées d'animaux.

En fonction de la richesse de la famille, on utilisait le bois, la terre cuite la cire ou le bronze.

Parmi les animaux retrouvés dans ces laraires : le bouc (par sa sexualité débridée, il incarnait la fertilité) et la tortue qui, tous deux, accompagnaient souvent Mercure (guide sur les routes et dans les voyages), le bélier (symbolise la force animale naturelle, brute, masculine),  le sanglier (symbolise la vigilance, la force, le courage et la ténacité), le chien (protecteur vigilant du foyer et fidèle à son maître), l'ours, le coq (également un attribut de Mercure)et le serpent (le serpent criocéphale est un symbole primordial lié à un mythe de création dépassant donc la conception même des Dieux. Qui plus est, le serpent représente l'énergie féminine).

Concernant ces deux derniers animaux, il était de coutume, pratique votive (?), dans le sud de la Gaule (375 av JC), d'enterrer dans certaines partie de l'habitation, une poterie contenant des morceaux de serpents et d'oiseaux. Le serpent représentant le monde sous terrain et l'oiseau celui du ciel, vision cosmologique, les habitations se situant dans l'interface. Le laraire de Mandeure figurerait peut-être l'évolution de cette pratique.

 

Le culte des Lares serait d'origine étrusque ; arrivé par le sud de la Gaule, il aurait gagné toute la Gaule.  On retrouve le mot lar en langue de l'Etrurie.

Servius Tullius, VIème siècle avant JC, serait le fondateur du culte public des lares, pour devenir privé par la suite.

On donnerait une origine agricole à la pratique des lares privés. Caton 234-149, dans son traité « De l'Agriculture » recommande à la fermière d'orner le foyer de couronnes aux Calendes, aux Ides, aux Nones, aux jours de fêtes, aux jours de nouvelle lune et d'adresser, ces mêmes jours, des sacrifices et des prières au Lare Familier pour que la récolte soit abondante. De manière journalière, on offrait de l'encens du vin et de la nourriture aux Lares. On les implorait, on leur rendait grâce, on les remerciait. Ils faisaient partie intégrante de la famille. Chaque foyer possédait le sien.

On retrouvait aussi les Lares au coin des carrefours ce sont les Lares compitales. Cicéron 106-43, dit qu'il faut honorer les Lares au milieu des champs, dans les bois sacrés.

A partir d'Auguste 27-14, on repasse au culte public. Les Lares perdent leur caractère familial et rustique originel pour une dimension politique et philosophique. (Voir le laraire de Rezé, le buste entre les deux Lares typiquement gaulois, dont on ne sait pas très bien s'il s'agit d'une proche parente d'un empereur). Néanmoins, chaque famille continue, plus ou moins, de célébrer le culte des Lares comme elle l'entend.

 

Avec la montée du christianisme, les empereurs interdisent d'honorer le Lare par le feu, le Génie par le vin, les pénates par l'encens et défendirent que lumières, parfums et guirlandes de fleurs soient donnés en leur honneur. En l'an 392, Théodose défend les pratiques en l'honneur des Lares, des Pénates et des Génies.




10/03/2008
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